02/01/2004

La suite du voyage

Le souper se passe dans le silence, ma présence impressionne ces paysans. Quoi de plus normal? Après tout, je suis le fils du seigneur dragon. Ni les enfants ni les parents n'osent me regarder en face mais je n'en ai cure. Ialma m'inquiète.
Il ne semble pas présent et sa peau brille de sueur. Il a de la fièvre.
J'abrège le repas, soulageant par la même occasion mes hôtes de al pression occasionée par ma présence et soulève mon esclave comme un enfant avant de l'emmener dans notre chambre. Je le dépose sur le lit et il grogne en cherchant une position confortable. Je le regarde faire un moment, admirant ses courbes et le fuselé de ses jambes.
Lorsqu'il aura récupéré de ses blessures, il sera véritablement magnifique.
Je m'allonge derrière lui et le sens se raidir. Malgré tout, je passe un bras autour de sa taille et l'attire contre moi, me collant contre son dos. Il est mal à l'aise mais, la fatigue et la faiblesse aidant, il ne tarde pas à s'endormir me laissant libre d'explorer son corps à ma guise. Je n'ai pas sommeil... Pourtant, ce petit jeu ne tarde pas à me lasser, je le veux se tortillant contre moi et non comateux. J'attendrai avant de le dominer complètement.
 
Le lendemain, je me lève avant le soleil et m'habille avant de le soulever à nouveau. Il s'est réveillé et tente faiblement de me repousser mais je suis plus fort que lui et il s'abandonne rapidement. Sans un regard pour nos hôtes apeurés, je nous installe sur Kymeria et donne l'ordre du départ.
Ce soir, nous atteindrons les marches des Terres du Nord.

21:20 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/10/2003

La ferme

L'homme s'appelle Kadrien, il a dans la quarantaine replète et une volée de marmots qui s'égayent comme toute une basse cours sur mon passage.

Sa femme est mince, pâle et enceinte. Elle porte ses cheveux bruns retirés en un chignon et semble prête à s'effondrer au premier coup de vent. Elle nous regarde entrer, ses mains pressées contre son cœur avec une expression de biche traquée.

Et je trouvais Ialma fragile !

Notre hôte se précipite vers elle et l'aide à s'asseoir en ordonnant à ses trois aînés respectivement d'aider leur mère, de porter le baquet à l'étage et de préparer leur chambre.

Les garçons s'exécutent guère ravis à l'idée de dormir dans la grange et dispersent leur horde de petits frères et petites sœurs.

Ialma toujours dans mes bras, je monte à l'étage à la suite du plus âgé et le regarde ranger le lit, allumer un feu. Comme souvent, les petits dorment dans la cuisine, près de l'âtre ; les plus grands ont une chambre commune mais bien à eux, à l’instar de leurs parents.

Les droits d’aînesse.

Le second apporte un large baquet et titubant sous le poids avant de s'affairer, aidé de son frère, à le remplir d'eau chaude.

Pendant ce temps, je prépare Ialma, lui retirant le peu de vêtements qu'il lui reste. Il semble être dans un état comateux et ne réagit pas à mon toucher.

Il se réveille pourtant lorsque je le plonge dans le liquide fumant. Il crie et sanglote tout en se débattant mais ses gestes sont faibles et désordonnés ; je n'ai aucune difficulté à le maintenir et tente de ne pas le blesser en le nettoyant.

Je le sèche bientôt avant de le panser et de l'allonger sur le lit.

Les garçons sont toujours là et nous regardent avec de larges yeux effarés. Je leur ordonne de changer l'eau du bain qui a pris une teinte rosée et d'apporter des vêtement confortable pour mon esclave. Je me dévêts alors rapidement et les chasse de la pièce dès qu'ils ont rempli leur office avant de me baigner à mon tour.

Dieux !

Ca fait du bien…

La chaleur dénoue mes muscles et me détends… si bien que je me sens m'endormir lentement.

Un baquet n'est pas le lieu idéal pour faire une sieste, je me force à sortir de ma léthargie et à me sécher avant de me rhabiller.

Aux effluves que je sens monter depuis la cuisine, je devine que le repas sera bientôt prêt. Ialma a besoin de prendre des forces et moi aussi…

Le voyage sera long encore jusqu'à notre destination finale.


21:56 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/10/2003

Départ (la suite...)

C'est fou ce qu'un encouragement tacite peut motiver les gens… Le vieillard prend soin de l’esclave en un temps record et je suis bientôt prêt à partir.

Sur le point de quitter la tente, quelque chose me retient pourtant. Ialma est pâle, inconscient…

Je le soulève et le porte moi-même plutôt que laisser ce soin à un serviteur. On l'a déjà assez abîmé comme ça !

Kymeria tend la tête vers nous, ses pensées roulant comme des vagues sous mon crâne. Elle est furieuse et entend bien me le faire savoir.

Qu'y puis-je ?

Elle se calme pourtant et me laisse monter sur son dos.

Je cale mon petit esclave contre moi et l'enroule d'une épaisse couverture. Il est affaibli et je n'ai pas envie de le voir mourir de froid en chemin... Je n'aime pas perdre mon temps.

Enfin, ma vieille compagne prend son essor et nous nous élevons toujours plus haut, jusqu'à ce que le camp et les miens ne soient plus que de minuscules fourmis.

Le vent glacé est stoppé par mon armure de cuir mais je peux sentir le froid s'insinuer malgré tout comme nous volons toujours plus au Nord.

Kymeria prend encore de l'altitude et accélère le rythme du voyage.

Contre moi, je sens Ialma bouger doucement, il commence à reprendre conscience. Un gémissement de douleur lui échappe et il se débat faiblement.

" Du calme, Ialma ! Tu es avec moi ! "

Au son de ma voix, il s'immobilise et j'éprouve un léger pincement de regret à le sentir se tasser sur lui-même.

Je lui fais peur…

Doublement peur, il ne doit pas saisir ce qu'il lui arrive et pour la première fois, je me prends à tenter de le comprendre…

C'est étrange…

Etrange de ma part…

Mais peut-être pas…

Ma mère était une princesse… emmenée comme otage.

Je devais revenir chez moi en tant que suzerain vassal de mon père… J'ai vu certains de mes frères partir de cette manière, entouré d'une suite royale…

Cela n'a jamais été mon cas, je ne comprends pas l'attitude de mon père… Il agit comme s'il me craignait... à couper court à mes initiatives, à me rabaisser…

Ialma en a fait les frais et je ne peux m'empêcher de me sentir coupable, j'ai du mal à vraiment le considérer comme un inférieur…

D'une certaine façon, je lui ai manqué et cela change son statut.

Bientôt Kymeria descend et se pose, le jour décline; il est temps de songer à la nuit.

Ma vieille compagne a choisi une fermette dont le propriétaire bée devant elle. Sans doute n'a-t-il jamais vu de dragon.

Il s'en souviendra je pense, d'autant plus qu'elle lui souffle un peu de fumée au nez ce qui a pour effet de projeter le paysan sur ses genoux, tremblant, avant de se relever et de nous inviter, avec force courbettes, à passer la nuit dans son humble demeure.


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23/09/2003

Départ (suite et oui toujours! ^^; )

Ialma est léger dans mes bras, il ne pèse pas plus que Saeven.
Dehors tous se sont arrêtés pour nous fixer avec surprise.
Je sais que je me montre presque ridicule...
Que d'histoires pour un simple esclave!
Mais je n'aime pas que l'on abime mes affaires, d'autant que père n'a jamais agi ainsi envers mes autres frères...
Je ne comprends pas ce qu'il se trame mais je n'aime pas ça...
J'interpelle un serviteur et lui ordonne de m'envoyer un guérisseur avant de m'éloigner, mon fardeau dans les bras.
J'avance sans hésiter et tous de s'écarter devant moi.
Un vieil homme me rejoint comme je m'arrête devant ma tente et je lui fais signe d'entrer avant d'ordonner à un domestique de préparer mon voyage.
Je pose mon esclave sur le lit et laisse mon aîné s'en occuper après lui avoir indiquer qu'Ialma ferait partie du voyage et qu'il a tout intérêt à le garder en vie.
Sortant mes armes, je les entretiens soigneusement sous l'oeil inquiet du guerisseur qui se met aussitôt à l'ouvrage.
 

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03/09/2003

Le départ (suite)

Je me prépare à lui donner un ordre - n'importe lequel, juste pour le plaisir de le voir m'obéir, de le voir bouger gracieusement... - lorsqu'un serviteur fait irruption dans la tente.
Ce dernier s'incline profondément en bredouillant quelques excuses avant de m'informer que mon Seigneur père désire me voir.
Je lui fais signe de sortir avant de me tourner vers Ialma.
Il est resté à genoux mais a relevé la tête et fixe la scène de ses immenses yeux bleus.
Un instant, nos regards se croisent et je retiens mon souffle mais il détourne bientôt le sien et l'espace d'une seconde je me prends à regretter qu'il me craigne.
Le saisissant par le bras, je le relève et l'emmène avec moi.
Sa beauté rehausse mon passage et hors de la tente, je n'ai pas à le tenir. Il me suit volontairement aussi apeuré qu'un faon au milieu d'une meute de loup.
Je suppose qu'il préfère le moindre de ses maux.
L'image est amusante et je dois me recomposer un visage neutre avant d'entrer dans la tente de mon roi.
Père est assis sur des coussins, agaçant le sein d'une fille tout juste pubère, sa nouvelle concubine. Il s'agit d'une fragile et brune créature dont les gestes rappellent les mouvement d'un petit oiseau exotique.
Elle n'ose lever les yeux à mon entrée, les joues empourprées et les cils humides de larmes.
Mon géniteur la repousse d'un geste negligent et elle en profite pour se couvrir plus ou moins décemment.
Je mets un genou à terre.
"Père..."
Son regard me dépasse et fixe un point derrière mon épaule.
Je me retourne et peste intérieurement contre mon esclave qui regarde autour de lui d'un air géné.
"Ialma!"
Ma voix le cingle comme un coup de fouet et il sursaute avant de tomber gracieusement à genou.
"Je ne l'ai reçu que ce matin, père. Il ne connait pas encore l'étiquette mais il est docile et apprend vite..."
Mon roi ramène ses yeux sombres vers moi.
Je tiens mes iris écarlates et mes cheveux de neige de ma mère, l'une des nombreuses concubines du Seigneur-Dragons.
Je n'ai jamais pris la peine de les compter toutes, leur nombre semble infini... presque comme celui de mes frères aînés...
"Ce spécimen ne semble guère bati comme un guerrier..."
Sa voix est lente, chargée de mépris.
"Je sais père, je ne pensais pas l'utiliser au combat."
"Il réchauffera donc tes couvertures?"
A vrai dire, je n'y ai pas encore réfléchi mais ce n'est pas chose à admettre devant mon monarque.
"C'est une possibilité, père..."
Il me toise un long moment mais je ne rompt pas le contact visuel et réussit à paraître assuré.
"Les provinces du Nord semblent poser problèmes... Je veux que tu prennes Kymeria et que tu voles rejoindre notre gouverneur. Tu règleras la situation de tous les moyens possibles. Je ne veux pas de rebellion, est-clair?"
"Très clair, père."
Il m'éloigne... pour quelle raison.
"Je ne suis pas indulgent envers ceux qui me manquent, mon fils. N'échoue pas!"
"Vous pouvez comptez sur moi, mon seigneur..."
Il hoche la tête, apparemment satisfait avant de lever la main.
"Les nordiques ne respectent pas le manque de virilité, Cendre!"
Il claque des doigts et deux gardes entrent. Il désigne Ialma qui semble comprendre que cela le concerne et ouvre de grand yeux affolés.
"Cet esclave n'est plus homme..."
"Père!"
Je me lève à moitié et ses paupières se plissent.
"Tu ne me défieras pas!" tonne-t-il et je ne peux que me figer, impuissant.
Il est mon monarque et je lui dois obéissance.
Derrière moi, j'entends un tissu se déchirer et le bruit de la chair contre la chair.
Mon esclave supplie, puis sanglote avant de hurler.
Son crie charrie tant de douleur et d'angoisse que mon sang se glace dans mes veines.
Je me redresse et écarte les gardes avant de soulever son corps mutilé et à moitié nu.
Dieux merci, il est inconscient.
"Je veux que tu règles cette affaire au plus tôt, tu partiras dans la journée."
Mes dents refusant de se déssèrer, je hoche simplement la tête avant de sortir.
 

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02/09/2003

Le départ

Les yeux fixés sur Ialma, je me verse un verre d'ekesh, ce jus de raisins alcoolisé si prisé des clans du nord.
Ses cheveux cascadent sur ses épaules, illuminés par le brasero, changeant selon l'intensité des flammes.
Ses yeux sont fixés sur le sol et ses poings crispés sur ses genoux.
Mon petit esclave révèlerait-il un caractère plus prononcé que sa soumission apparente laisse deviner.
Je me prépare à lui donner un ordre - n'importe lequel, juste pour le plaisir de le voir m'obéir - lorsqu'un serviteur fait irruption dans la tente.

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30/08/2003

L'esclave (suite ^^; )

Ses mains tremblent en dégrafant les attaches de mon armure.
Il n'ose pas me regarder non plus mais je ne m'en prive pas.
Il est petit... mince...
Pas le corps d'un guerrier.
A quoi va-t-il me servir?
Il est maladroit aussi.
Je soupire.
Avec mes autres serviteurs cela serait terminé depuis longtemps.
S'il ne peut me servir d'écuyer que vais-je en faire?
Sa tâche enfin terminée, je lui fais signe de ranger les plaques de métal et dois lui répéter plusieurs fois en mimant ce que je lui ordonne avant qu'il ne comprenne.
Enfin, il revient devant moi et je l'examine plus attentivement.
Il est beau à sa manière presque efféminée... ses traits délicats, sa taille étroite et ses cheveux tressés.
La couleur change, éclairée par le feu crépitant, tantôt ses mèches sont claires, comme les blés que nos paysans fauchent en automne, tantôt elles prennent une teinte fauve, presque rousse...
Je vais le garder finalement.
Dressé à me servir sans discuter, il rehaussera ma notoriété.
Première chose à faire, lui apprendre à parler un langage civilisé.
Tournant autour de lui, je m'amuse des regards apeurés qu'il me jette.
Il est amusant...
Je soulève une poignée de cheveux et les laisse filer entre mes doigts.
De la soie...
Oui, il sera parfait pour me servir...
"Quel est ton nom?"
Il me regarde sans comprendre et je soupire en levant les yeux au ciel.
Une première leçon s'impose.
Je me désigne du doigt.
"Cendre."
Je le répète deux, trois fois en me sentant positivement ridicule.
Mon oncle ferait entrer les quelques notions que je compte lui inculquer à coup de fouet mais je pressens que ce n'est pas la méthode à adopter avec mon petit esclave... et je ne tiens pas à l'abîmer inutilement.
Son regard s'illumine et il hoche la tête et répond docilement lorsque je le pointe.
"Ialma..."
Je répète son nom jusqu'à parvenir à le prononcer convenablement et lui apprend à articuler le mien sans bafouiller.
Les présentations faites, il ne me reste plus qu'à lui expliquer sa place par rapport à moi dans la hiérarchie.
Appuyant sur ses épaules, je le force à s'agenouiller devant moi.
"Je suis ton maître," dis-je. "Cendre, ton maître."
Je tapote mon torse en même temps avec de le désigneren suivant le même manège.
"Ialma, mon esclave."
Je lui fais répéter plusieurs fois avant de m'éloigner de quelques pas et de lui ordonner d'un signe à rester à genoux.
Il est docile...
J'avais raison, il s'agit bien d'un dressage mais dès que ce petit chien aura appris un peu plus de ma langue, je pourrai passer à la vitesse supérieure...

11:19 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |