29/08/2003

Son dû

Le conseil se continue tard dans la nuit mais Haervan effleure mon bras et me fait signe de le suivre.
Je pose mon petit frère à terre malgré ses protestations plaintives et suis mon aîné.
Un groupe de nos soldats nous attendent devant le Lair.
Ce matin, l'esclave sera mien.
Je m'incline devant mes hommes qui mettent genou à terre devant moi.
Je suis leur supérieur mais le code du guerrier nous apprend à respecter celui qui porte les armes, aussi inférieur fut-il.
Le vol jusqu'au camp d'été du clan désigné n'est pas long et nous arrivons au petit matin.
Les habitants de ce petit village de tentes sortent peu à peu de leur frèles habitations, formant un demi-cercle silencieux autour de nous.
Leur chef et son fils aînés viennent à notre rencontre avant de s'immobiliser à bonne distance de nos dragons.
A travers la selle épaisse, je sens ma Kymeria rouler tranquillement ses muscles et son esprit puissant toucher le mien, l'apaisant.
L'attente s'éternise et je commence à perdre patience lorsque d'une tente sort une femme aux yeux rougis, suivie d'un adolescent.
Il n'a pas la silhouette d'un guerrier et doit avoir à peine quinze ans.
Suis-je donc un enfant comme Saeven pour qu'on m'en offre un?
Il ne décolle pas ses yeux de la terre devant ses pieds, même lorsqu'il rejoint ses aînés.
Est-il stupide?
Je lui ordonne de s'approcher et il sursaute avant de se figer face à Kymeria.
Ses cheveux ne sont que fines tresses emmêlées et ses yeux sont aussi bleus que le ciel au dessus de nos têtes.
Je me rend compte qu'il est tout simplement terrifié par mon escorte et par moi-même.
Qu'il nous craigne, il ne m'en obérira que mieux.
Pourtant... Kymeria semble amusée par ce garçon et son esprit charrie un relent de réprobation à mon égard.
Mon petit esclave, lui, ne bouge plus, fasciné par les yeux de ma compagne de vol.
Je lui ordonne à nouveau de s'approcher et il sursaute comme si je l'avais frappé avant de s'avancer d'un pas timide.
A ce train, nous en serons encore là demain.
Prenant appui sur la patte de mon dragon, je le saisis par le bras et le hisse en travers de ma selle avant de donner l'ordre du départ.
Il tremble contre moi et glisse un peu le long de la selle mais je ressere simplement ma prise sur sa taille pour le maintenir.
Il se fait mou sous ma main et je me rend compte qu'il s'est évanoui.
Au moins, ne s'est-il pas mouillé comme l'esclave de mon oncle.
Le trajet retour ne nous prend pas plus de temps que l'aller et nous atterissons bientôt devant le Lair où accourent devant nous des apprentis afin de prendre soin de nos dragons.
Saeven attend, lui aussi , l'air boudeur et tout en poussant mon esclave effaré devant moi, j'ébouriffe la tignasse brune de mon petit frère.
Son tour viendra, lui aussi recevra son chien à dresser.
A ces mots, un sourire lui fend la figure et il court rejoindre son mestre qui l'attend pour ses leçons journalières.

09:43 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Buah! Qu'il est arrogant le petit Cendre!

Hehehe, j'ai hâte de le voir changer d'idée ^___^

La suiteeeuuuuh ;)

Bizzz
Cygny

Écrit par : Cygny | 29/08/2003

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