30/08/2003

L'esclave (suite ^^; )

Ses mains tremblent en dégrafant les attaches de mon armure.
Il n'ose pas me regarder non plus mais je ne m'en prive pas.
Il est petit... mince...
Pas le corps d'un guerrier.
A quoi va-t-il me servir?
Il est maladroit aussi.
Je soupire.
Avec mes autres serviteurs cela serait terminé depuis longtemps.
S'il ne peut me servir d'écuyer que vais-je en faire?
Sa tâche enfin terminée, je lui fais signe de ranger les plaques de métal et dois lui répéter plusieurs fois en mimant ce que je lui ordonne avant qu'il ne comprenne.
Enfin, il revient devant moi et je l'examine plus attentivement.
Il est beau à sa manière presque efféminée... ses traits délicats, sa taille étroite et ses cheveux tressés.
La couleur change, éclairée par le feu crépitant, tantôt ses mèches sont claires, comme les blés que nos paysans fauchent en automne, tantôt elles prennent une teinte fauve, presque rousse...
Je vais le garder finalement.
Dressé à me servir sans discuter, il rehaussera ma notoriété.
Première chose à faire, lui apprendre à parler un langage civilisé.
Tournant autour de lui, je m'amuse des regards apeurés qu'il me jette.
Il est amusant...
Je soulève une poignée de cheveux et les laisse filer entre mes doigts.
De la soie...
Oui, il sera parfait pour me servir...
"Quel est ton nom?"
Il me regarde sans comprendre et je soupire en levant les yeux au ciel.
Une première leçon s'impose.
Je me désigne du doigt.
"Cendre."
Je le répète deux, trois fois en me sentant positivement ridicule.
Mon oncle ferait entrer les quelques notions que je compte lui inculquer à coup de fouet mais je pressens que ce n'est pas la méthode à adopter avec mon petit esclave... et je ne tiens pas à l'abîmer inutilement.
Son regard s'illumine et il hoche la tête et répond docilement lorsque je le pointe.
"Ialma..."
Je répète son nom jusqu'à parvenir à le prononcer convenablement et lui apprend à articuler le mien sans bafouiller.
Les présentations faites, il ne me reste plus qu'à lui expliquer sa place par rapport à moi dans la hiérarchie.
Appuyant sur ses épaules, je le force à s'agenouiller devant moi.
"Je suis ton maître," dis-je. "Cendre, ton maître."
Je tapote mon torse en même temps avec de le désigneren suivant le même manège.
"Ialma, mon esclave."
Je lui fais répéter plusieurs fois avant de m'éloigner de quelques pas et de lui ordonner d'un signe à rester à genoux.
Il est docile...
J'avais raison, il s'agit bien d'un dressage mais dès que ce petit chien aura appris un peu plus de ma langue, je pourrai passer à la vitesse supérieure...

11:19 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29/08/2003

L'esclave

J'emmène l'esclave dans ma tente et l'oblige à s'agenouiller sur le tapis de fourrure.
Une simple gifle semble suffisante lorsqu'il fait mine de se lever pour le rappeler à l'ordre.
Je le regarde pensif.
Que vais-je faire de lui?
Je retire mon casque et croise son regard effrayé...
Mon physique est impressionnant, je le sais et ne peut m'empêcher de sourire avec un certain amusement.
Il ne comprend pas ma langue et je dois lui répéter plusieurs fois la même chose avant qu'il ne comprenne et ne s'approche...
J'en suis même réduit à lui montrer que faire de mon armure...
Il va me falloir le dresser rapidement si je ne veux pas être la risée de mes frères aînés...

 

22:01 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Son dû

Le conseil se continue tard dans la nuit mais Haervan effleure mon bras et me fait signe de le suivre.
Je pose mon petit frère à terre malgré ses protestations plaintives et suis mon aîné.
Un groupe de nos soldats nous attendent devant le Lair.
Ce matin, l'esclave sera mien.
Je m'incline devant mes hommes qui mettent genou à terre devant moi.
Je suis leur supérieur mais le code du guerrier nous apprend à respecter celui qui porte les armes, aussi inférieur fut-il.
Le vol jusqu'au camp d'été du clan désigné n'est pas long et nous arrivons au petit matin.
Les habitants de ce petit village de tentes sortent peu à peu de leur frèles habitations, formant un demi-cercle silencieux autour de nous.
Leur chef et son fils aînés viennent à notre rencontre avant de s'immobiliser à bonne distance de nos dragons.
A travers la selle épaisse, je sens ma Kymeria rouler tranquillement ses muscles et son esprit puissant toucher le mien, l'apaisant.
L'attente s'éternise et je commence à perdre patience lorsque d'une tente sort une femme aux yeux rougis, suivie d'un adolescent.
Il n'a pas la silhouette d'un guerrier et doit avoir à peine quinze ans.
Suis-je donc un enfant comme Saeven pour qu'on m'en offre un?
Il ne décolle pas ses yeux de la terre devant ses pieds, même lorsqu'il rejoint ses aînés.
Est-il stupide?
Je lui ordonne de s'approcher et il sursaute avant de se figer face à Kymeria.
Ses cheveux ne sont que fines tresses emmêlées et ses yeux sont aussi bleus que le ciel au dessus de nos têtes.
Je me rend compte qu'il est tout simplement terrifié par mon escorte et par moi-même.
Qu'il nous craigne, il ne m'en obérira que mieux.
Pourtant... Kymeria semble amusée par ce garçon et son esprit charrie un relent de réprobation à mon égard.
Mon petit esclave, lui, ne bouge plus, fasciné par les yeux de ma compagne de vol.
Je lui ordonne à nouveau de s'approcher et il sursaute comme si je l'avais frappé avant de s'avancer d'un pas timide.
A ce train, nous en serons encore là demain.
Prenant appui sur la patte de mon dragon, je le saisis par le bras et le hisse en travers de ma selle avant de donner l'ordre du départ.
Il tremble contre moi et glisse un peu le long de la selle mais je ressere simplement ma prise sur sa taille pour le maintenir.
Il se fait mou sous ma main et je me rend compte qu'il s'est évanoui.
Au moins, ne s'est-il pas mouillé comme l'esclave de mon oncle.
Le trajet retour ne nous prend pas plus de temps que l'aller et nous atterissons bientôt devant le Lair où accourent devant nous des apprentis afin de prendre soin de nos dragons.
Saeven attend, lui aussi , l'air boudeur et tout en poussant mon esclave effaré devant moi, j'ébouriffe la tignasse brune de mon petit frère.
Son tour viendra, lui aussi recevra son chien à dresser.
A ces mots, un sourire lui fend la figure et il court rejoindre son mestre qui l'attend pour ses leçons journalières.

09:43 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/08/2003

L'orée d'un jour

Demain, l'un d'entre nous recevra son nouvel esclave...
Peut-être sera-ce moi...
Mes frères aînés et les généraux de notre Seigneur-Père ont déjà reçu leur dû. Il ne reste plus que mes cadets et moi-même.
Je ne comprend pas leurs inquiétudes...
Comment pourrait-il être inquiété par de vulgaires sauvages terrifiés par nos dragons?
Nous n'avons même pas eu à les incendier, ils se sont rendus presque immédiatement.
Il a pris pour concubines une fille de chaque clan et exigé un fils de chacun des chefs en otage.
Mon oncle Haervan m'a confié qu'il comptait renvoyer les batards à la tête de leur peuple après les avoir dressés.
Avoir des hommes à nous chez nos vassaux à toujours été notre politique mais ces gens ont une façon de vivre tellement différente.
Pas de villes, ni de villages...
Seuls des camps d'été et d'hiver dans lesquels ils mènent leurs troupeaux.
Leur capitale n'est pas habités, sauf lors d'un festival qui réunit les clans tous les quatre ans.
De simples sauvages...
Saeven me tire sur la jambe, levant ses bras vers moi. Je le hisse sur les épaules où il peut suivre le conseil de derrière nos aînés.
Demain sera peut-être mon jour...
Peut-être recevrai-je mon esclave.
Esclave à dresser comme l'on dresse un animal...
Ces hommes ne valent pas mieux nos bêtes, après tout... juste du bétail.


18:49 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |