23/09/2003

Départ (suite et oui toujours! ^^; )

Ialma est léger dans mes bras, il ne pèse pas plus que Saeven.
Dehors tous se sont arrêtés pour nous fixer avec surprise.
Je sais que je me montre presque ridicule...
Que d'histoires pour un simple esclave!
Mais je n'aime pas que l'on abime mes affaires, d'autant que père n'a jamais agi ainsi envers mes autres frères...
Je ne comprends pas ce qu'il se trame mais je n'aime pas ça...
J'interpelle un serviteur et lui ordonne de m'envoyer un guérisseur avant de m'éloigner, mon fardeau dans les bras.
J'avance sans hésiter et tous de s'écarter devant moi.
Un vieil homme me rejoint comme je m'arrête devant ma tente et je lui fais signe d'entrer avant d'ordonner à un domestique de préparer mon voyage.
Je pose mon esclave sur le lit et laisse mon aîné s'en occuper après lui avoir indiquer qu'Ialma ferait partie du voyage et qu'il a tout intérêt à le garder en vie.
Sortant mes armes, je les entretiens soigneusement sous l'oeil inquiet du guerisseur qui se met aussitôt à l'ouvrage.
 

12:16 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/09/2003

Le départ (suite)

Je me prépare à lui donner un ordre - n'importe lequel, juste pour le plaisir de le voir m'obéir, de le voir bouger gracieusement... - lorsqu'un serviteur fait irruption dans la tente.
Ce dernier s'incline profondément en bredouillant quelques excuses avant de m'informer que mon Seigneur père désire me voir.
Je lui fais signe de sortir avant de me tourner vers Ialma.
Il est resté à genoux mais a relevé la tête et fixe la scène de ses immenses yeux bleus.
Un instant, nos regards se croisent et je retiens mon souffle mais il détourne bientôt le sien et l'espace d'une seconde je me prends à regretter qu'il me craigne.
Le saisissant par le bras, je le relève et l'emmène avec moi.
Sa beauté rehausse mon passage et hors de la tente, je n'ai pas à le tenir. Il me suit volontairement aussi apeuré qu'un faon au milieu d'une meute de loup.
Je suppose qu'il préfère le moindre de ses maux.
L'image est amusante et je dois me recomposer un visage neutre avant d'entrer dans la tente de mon roi.
Père est assis sur des coussins, agaçant le sein d'une fille tout juste pubère, sa nouvelle concubine. Il s'agit d'une fragile et brune créature dont les gestes rappellent les mouvement d'un petit oiseau exotique.
Elle n'ose lever les yeux à mon entrée, les joues empourprées et les cils humides de larmes.
Mon géniteur la repousse d'un geste negligent et elle en profite pour se couvrir plus ou moins décemment.
Je mets un genou à terre.
"Père..."
Son regard me dépasse et fixe un point derrière mon épaule.
Je me retourne et peste intérieurement contre mon esclave qui regarde autour de lui d'un air géné.
"Ialma!"
Ma voix le cingle comme un coup de fouet et il sursaute avant de tomber gracieusement à genou.
"Je ne l'ai reçu que ce matin, père. Il ne connait pas encore l'étiquette mais il est docile et apprend vite..."
Mon roi ramène ses yeux sombres vers moi.
Je tiens mes iris écarlates et mes cheveux de neige de ma mère, l'une des nombreuses concubines du Seigneur-Dragons.
Je n'ai jamais pris la peine de les compter toutes, leur nombre semble infini... presque comme celui de mes frères aînés...
"Ce spécimen ne semble guère bati comme un guerrier..."
Sa voix est lente, chargée de mépris.
"Je sais père, je ne pensais pas l'utiliser au combat."
"Il réchauffera donc tes couvertures?"
A vrai dire, je n'y ai pas encore réfléchi mais ce n'est pas chose à admettre devant mon monarque.
"C'est une possibilité, père..."
Il me toise un long moment mais je ne rompt pas le contact visuel et réussit à paraître assuré.
"Les provinces du Nord semblent poser problèmes... Je veux que tu prennes Kymeria et que tu voles rejoindre notre gouverneur. Tu règleras la situation de tous les moyens possibles. Je ne veux pas de rebellion, est-clair?"
"Très clair, père."
Il m'éloigne... pour quelle raison.
"Je ne suis pas indulgent envers ceux qui me manquent, mon fils. N'échoue pas!"
"Vous pouvez comptez sur moi, mon seigneur..."
Il hoche la tête, apparemment satisfait avant de lever la main.
"Les nordiques ne respectent pas le manque de virilité, Cendre!"
Il claque des doigts et deux gardes entrent. Il désigne Ialma qui semble comprendre que cela le concerne et ouvre de grand yeux affolés.
"Cet esclave n'est plus homme..."
"Père!"
Je me lève à moitié et ses paupières se plissent.
"Tu ne me défieras pas!" tonne-t-il et je ne peux que me figer, impuissant.
Il est mon monarque et je lui dois obéissance.
Derrière moi, j'entends un tissu se déchirer et le bruit de la chair contre la chair.
Mon esclave supplie, puis sanglote avant de hurler.
Son crie charrie tant de douleur et d'angoisse que mon sang se glace dans mes veines.
Je me redresse et écarte les gardes avant de soulever son corps mutilé et à moitié nu.
Dieux merci, il est inconscient.
"Je veux que tu règles cette affaire au plus tôt, tu partiras dans la journée."
Mes dents refusant de se déssèrer, je hoche simplement la tête avant de sortir.
 

11:49 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

02/09/2003

Le départ

Les yeux fixés sur Ialma, je me verse un verre d'ekesh, ce jus de raisins alcoolisé si prisé des clans du nord.
Ses cheveux cascadent sur ses épaules, illuminés par le brasero, changeant selon l'intensité des flammes.
Ses yeux sont fixés sur le sol et ses poings crispés sur ses genoux.
Mon petit esclave révèlerait-il un caractère plus prononcé que sa soumission apparente laisse deviner.
Je me prépare à lui donner un ordre - n'importe lequel, juste pour le plaisir de le voir m'obéir - lorsqu'un serviteur fait irruption dans la tente.

22:25 Écrit par Cendre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |